• Luberon Nature Info – Juillet 2021

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    Luberon Nature Info – Juillet 2021
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  • Luberon Nature s’oppose au projet actuel de déviation de Coustellet
    Plan général des travaux (Source : Département de Vaucluse)

    Nous avons été informés du projet de contournement de Coustellet (RD900) dont les caractéristiques sont, en résumé:

    • 1 déviation de 2700 m avec zone de dépassement à 4 voies  dont une de 500m
    • 2 nouveaux carrefours giratoires
    • 3 ouvrages d’art dont franchissement de la vélo-route à 2 reprises nécessitant une hauteur d’infrastructure de 4 m
    • 500 mètres linéaires de protections phoniques

    Luberon Nature s’oppose avec la plus grande détermination à ce projet tel qu’il est présenté – sur les 2 alternatives proposées. En effet, il est le résultat d’un trop long cheminement de réflexion basée sur une vision passéiste (depuis la fin des années 80) et qui, en l’état : 

    • s’avère en décalage complet par rapport aux enjeux environnementaux  actuels, comportant en outre  des mesures compensatrices insuffisantes et inéquitables 
    • laisserait une cicatrice indélébile qui défigurerait nos magnifiques paysages entre monts du Vaucluse et du Luberon, en créant une fracture territoriale et environnementale majeure
    • artificialiserait encore davantage les terres agricoles d’une grande qualité et donc si précieuses
    • aurait un impact important sur la biodiversité
    • entraînerait des nuisances visuelles et sonores importantes aux villages voisins
    • représenterait un coût exorbitant, autour de 30 M€ (évaluation 2020), à la charge du département au détriment d’autres investissements plus pertinents sur les petites communes du territoire
    • reporterait encore davantage la congestion du trafic côté Ouest sur les carrefours de Bompas et côté Est sur l’entrée d’Apt déjà fortement encombrés. 

    Consciente des nuisances provoquées par l’excessive circulation en général et de poids lourds en particulier, sur l’axe qui traverse  Coustellet, Luberon Nature entend rechercher dans la concertation avec l’ensemble des acteurs concernés du territoire des solutions adaptées aux besoins économiques et environnementaux. 

    Nous proposons qu’une nouvelle étude de ce dossier soit diligentée: elle pourra ainsi y intégrer les paramètres d’une transition écologique volontariste tels que les objectifs de « zéro-artificialisation »permettant ainsi de conserver à notre territoire ses attraits et de le positionner en exemple de développement respectueux de l’environnement.

  • Luberon Nature Info – Mai 2021

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  • Entretien avec Xavier ARENA, Maire de Murs

    Vous faites des économies d’énergie l’un des objectifs de votre action environnementale, quel est le bilan d’étape?

    Mon prédécesseur avait mis en place dans les années 2000 la 1ère chaudière à bois, puis avait installé des panneaux solaires au VVF. J’ai continué dans ce sens lorsqu’il a fallu rénover la médiathèque avec un système de chauffage par géothermie. Puis, l’on a rénové l’éclairage public à partir de 2005. Il est aujourd’hui orienté vers le sol à 100%, ce qui a divisé par 2 voire 3 la consommation.
    Au total, cela représente 4000 euros d’économie par an par exemple sur le poste chauffage. Nous installons aussi des programmateurs hors gel et un système de régulation de la chaudière pour abaisser la consommation.
    Nous poursuivons maintenant avec les économies d’eau.
    Au niveau agricole, nous avons condamné les points d’eau publics sur l’eau potable au profit d’un pompage dans une réserve d’eau de source.
    Nous essayons toujours d’œuvrer dans des directions de proximité avec effet immédiat.

    Quelles sont vos principales craintes en matière d’environnement ?

    Surtout la menace de l’éolien. Il faut être cohérent. Plutôt que des éoliennes de 150m de haut ou des champs de photovoltaïque, si chacun faisait le nécessaire pour son chauffe-eau en intégrant bien quelques panneaux solaires sur son toit ou dans son jardin, nous aurions tous fait un pas dans la bonne direction: la décentralisation de l’énergie. Il faut utiliser de petites unités pour son besoin d’autoconsommation.

    Un sujet récurrent dans la région : celui des dépôts sauvages

    Nous essayons de lutter avec nos moyens qui sont minimes. En relation avec la gendarmerie, on recherche des traces du propriétaire, des preuves. Mais, la réponse ne vient pas que de nous. Quand les déchetteries étaient redevenues payantes il n’y a pas si longtemps que ça, certains ne se gênaient pas: ils avaient un chantier à Sault, ils devaient rentrer à Cavaillon, ils passaient par Murs, on benne, et ni vu ni connu !…
    A présent, c’est redevenu gratuit pour les professionnels ; les dépôts sauvages ont réduit fortement, mais il y en a toujours.

    Et les antennes relais ?

    Nous avons, pour la nôtre, essayé de concilier tous les aspects.
    J’ai mis tout le monde autour de la table: le Parc, l’Etat, on en a beaucoup discuté en conseil et le maitre d’œuvre de ce projet a compris nos enjeux. L’antenne ne fait que 18m de haut. Je ne voulais pas d’une antenne qui pose problème à terme, nous nous engageons pour un temps long avec ces équipements posés sur un terrain de la commune.
    Tous les opérateurs y sont. Nous n’avions quasiment aucune réception. Aujourd’hui, la quasi-totalité du territoire est couverte.

    Vous avez été confronté comme d’autres communes de la région à la question des rave- parties, où en êtes-vous ?

    Je ne suis pas contre ce type de manifestation, mais elles sont dangereuses lorsqu’elles se passent dans le milieu naturel avec plus de 500 personnes. Le risque d’incendie est très élevé surtout avec l’utilisation de braseros, même quand elle se tient en novembre. Le buis est sec, l’herbe jaune, le terrain extrêmement sec. En tant que 1er magistrat de la commune, vous êtes confronté à une organisation qui amène avec elle semi-remorque, matériel de sono, caravane avec groupe électrogène pour la restauration, alors qu’on se trouve dans une aire protégée.
    L’ancien sous-préfet n’y avait pas apporté de réponse. Où est la cohérence de la parole publique?
    C’était gênant, donc j’ai « secoué » le cocotier. L’actuel sous-préfet a pris les choses en mains avec des résultats. Il a fait appliquer la loi, mais on passe d’une situation extrême à une autre.
    Les raves-parties avaient lieu sur des pistes DFCI (défense forestière contre l’incendie). Leur statut juridique a heureusement évolué : le code forestier stipule que la circulation y est interdite pour assurer la protection contre l’incendie. Donc, le Syndicat mixte forestier a mis en place une signalisation appropriée et des barrières. Cependant, cette réponse n’est pas satisfaisante : il faut fournir la clé aux ayants droits : les propriétaires et les chasseurs notamment qui ont le droit d’emprunter ces pistes DFCI. Donc, pour l’instant, avec les amendes, plus de raves-parties. Nous nous concertons avec les autres communes, mais ce n’est pas facile quand cela se passe sur un terrain privé. Le bruit passe quand même.

    Nous sommes dans une région très touristique. Comment concilier tourisme, préservation de la nature et respect du monde agricole ?

    C’est une compétence intercommunale, donc il y a une discussion au niveau du bassin de vie. Tout comme mon prédécesseur, nous n’avons jamais investi dans le tourisme de masse, mais privilégié le tourisme nature. Ainsi, pour le camping municipal qui date de 1981, nous n’avons pas fait d’aménagements pour faire venir une certaine typologie de campeurs, nous sommes restés dans l’esprit d’origine: venir profiter de la nature.
    Certains aménagements, tels que bars et autres, ne sont donc pas prévus. On peut y entendre le chant des cigales, le grillon, etc… mais certains me le reprochent, car l’activité économique me dit-on doit jouer son rôle. Mais plus vous montez en gamme, plus les contraintes sont lourdes: ce n’est pas, je pense, la vocation d’une mairie. On vient à Murs pour y trouver le calme et je crois que mes concitoyens apprécient cette position.
    Sur le site assez fréquenté des Gorges de Véroncle, avec les vieux moulins, je regrette qu’une initiative que je soutiens ne voit pas le jour : le projet avec Gordes de constituer un ENS (Espace Naturel Sensible). Mais le conseil s’y est opposé, malgré le soutien du département et du Parc, pour présenter ses atouts.
    Certains ont pu se sentir dépossédés de la jouissance libre de leur propriété. Je peux comprendre cette position, mais je répète que le projet était de les maintenir comme prairies et rien d’autre. Mon rôle n’est pas d’opposer les gens: dans le cas présent, une propriétaire est farouchement opposée à ce projet, donc je n’insiste pas.
    C’est dommage, il y aurait eu un vrai projet pour diriger les randonneurs, sanctuariser ces magnifiques moulins.

    Où en êtes-vous du PLU?

    Pour dire les choses sans détour et sans langue de bois comme j’ai coutume de le faire, le PLU aurait dû être quasiment achevé sauf qu’il existe un bémol pour lequel la communauté de communes est un peu trop lente, c’est la reconstruction d’une station d’épuration pour laquelle nous avons l’aval de la préfecture depuis 2014. Puis, la communauté de communes a voulu la rénover, pensant qu’elle serait conforme alors que toutes les études indiquaient qu’il fallait la refaire mais ils ne m’ont pas entendu. C’est ce qui bloque le PLU.
    Il s’avère in fine qu’il faut bien la refaire: nous avons donc perdu plusieurs années. Les communes sont en négociation pour une acquisition foncière avec une propriété adjacente au terrain communal.
    Cela étant, nous avons réduit considérablement le potentiel constructible (80%). Seul un secteur, celui des Beylons, permet quelques constructions sur les 10 ou 20 ans à venir. Nous avons bien restreint l’espace.

    Un point d’actualité c’est l’exigence de transparence et le besoin de concertation, comment comptez-vous aborder la question?

    Oui, c’est vrai, il y a des gens qui ont une conscience écologique, mais ils ne viennent pas forcément me voir ; peut-être que je leur fais peur! Mais à côté de ça, il y a une question de cohérence ; certains se disent écolos, mais ils roulent en 4×4 !
    D’une façon générale, la population n’est pas refermée sur elle-même ; mais, on vient à Murs pour être au calme. Ici, il y a plus de résidences secondaires que de résidences principales, on a une population un peu vieillissante, on a pas mal de gens qui viennent ici par exemple pour leur retraite.
    J’ai une administrée parisienne qui a pris le parti avec le confinement de venir s’installer à Murs. Et quand on doit bosser, on prend le TGV et on monte à Paris et on fait tout à distance. Il y a maintenant le pylône 4G. La fibre est en train d’être raccordée. Mon boulot, c’est beaucoup d’internet.

    L’arrivée de ces nouveaux administrés est donc une opportunité, ou bien certains habitants de Murs ont des réserves ?

    Nous sommes à 1h de la gare TGV d’Avignon, 1h15 de l’aéroport ; on est à 20 mn d’Apt, 30 mn de Cavaillon, 30 mn de Carpentras. Là, on a la fibre qui est train de se déployer. Vous travaillez la fenêtre ouverte. Il n’y a pas le bus, Il n’y a pas le bruit de la ville.
    C’est sûr que la démographie a changé. Cela ne me fait pas peur ; pour moi, je trouve que c’est plutôt une chance pour nos villages.
    Certains des plus anciens administrés ont peut-être vendu des terrains ou une maison. D’autres ne l’acceptent pas. Pourtant c’est une chance : des gens qui restent ici à l’année, qui bossent moins à l’extérieur, qui auront peut-être des enfants ? Parce que pour notre école ce n’est pas facile ; les effectifs se réduisent. Déjà, nous sommes dans un regroupement pédagogique intercommunal avec Lioux et Joucas. Il y a 71 écoliers sur les 3 communes ; donc, c’est la fourchette basse pour l’Education Nationale. Tout ceci est intimement lié.
    Je reconnais que cela reste difficile pour ceux qui s’installent ici et qui ne peuvent quasiment pas construire. Donc, ils rachètent des maisons… à prix d’or ! C’est la pression de Gordes, du Luberon qui vient jusqu’à nous. Et, c’est dur pour les jeunes !… Moi-même, j’ai galéré.

    Bientôt les élections régionales. Qu’attendez-vous de la région ?

    Je vais continuer à assurer les missions qui me sont dévolues. Pour être franc, je ne suis pas forcément le meilleur exemple du magistrat local rural qui regarde la politique régionale de près. Je n’ai pas forcément tout le temps à y consacrer, je travaille, j’ai un métier. De l’autre côté, quand on a eu besoin, la région a toujours répondu présente. Je suis élu depuis 1995, et je trouve que la région a toujours été là lorsqu’on a en eu besoin. On a toujours eu l’écoute et la réponse.

    Propos recueillis par Robert BOZZA, William BOUVIER, Alain WIEDER pour Luberon Nature

  • Comités de pilotage NATURA 2000 “Calavon et Encrême” et “Massif du Luberon”

    Le Luberon est riche de neuf sites Natura 2000 faisant partie du réseau européen éponyme qui vise à protéger la biodiversité. Ces derniers mois, Luberon Nature a participé aux comités de pilotage (COPIL) de deux sites Natura 2000 : “Le Calavon et l’Encrème” et le “Massif du Luberon”.  Ces deux sites abritent des espèces emblématiques mais malheureusement menacées tel le Vautour percnoptère ou le Pélobate cultripède.

    Au total, le Parc naturel régional du Luberon (PNRL) comprend sept Zones Spéciales de Conservation (ZSC) et deux Zones de Protection Spéciale (ZPS) (liste complète ici) recouvrant une surface totale de 67 707 hectares…

    Le Calavon et l’Encrême

    Ce site de 1000 hectares fait partie du réseau Natura 2000 depuis juillet 2015. Il est animé par le Parc naturel régional du Luberon afin de préserver la diversité biologique et assurer le maintien ou le rétablissement dans un état de conservation favorable des habitats naturels et des habitats d’espèces de la flore et de la faune sauvages d’intérêt communautaire. 

    Ce site Natura 2000 couvrant près de 530 ha est exceptionnellement riche avec la présence de 21 habitats d’intérêt communautaire, 19 espèces animales protégées et 11 espèces végétales à très fort enjeu local de conservation dont 8 espèces protégées.

    A l’occasion de la réunion du COPIL le 30 mars 2021 (par visioconférence), le Parc Naturel Régional du Luberon, candidat au renouvellement de sa mission d’animation du site, a été réélu à l’unanimité pour 3 ans. Monsieur Didier PERELLO (Maire de Goult) a vu son mandat de Président du COPIL également renouvelé pour la même période. Le bilan de l’animation 2020 du site a été présenté aux membres du COPIL avec un compte-rendu sur les mesures de gestion et d’animation validées par le COPIL. Au titre des enjeux et stratégie de gestion des sites, il est à noter que 34 actions sont prévues par le PNRL et l’agence de l’eau entre 2021 et 2025. 

    Parmi les enjeux environnementaux importants de ce site on peut citer la Jussie, une espèce invasive qui menace les écosystèmes du Calavon. Des actions de luttes sont organisées régulièrement par le PNRL et le Syndicat Intercommunautaire Rivière Calavon-Coulon (SIRCC) auxquels Luberon Nature souhaite s’associer avec l’aide de ses adhérents quand la situation sanitaire le permettra. 

    Un autre enjeu emblématique de ce site est la présence du Pélobate Cultripède, un amphibien protégée (liste rouge de l’IUCN) qui connaît depuis plusieurs dizaines d’années une dégradation importante de son état de conservation. Le Pélobate est une espèce à forte valeur patrimoniale présente uniquement en France et sur la péninsule ibérique. Sur le périmètre de la zone NATURA 2000, il existe un foyer écologique très important de cette espèce (21 mares de reproduction représentant 50% des sites de reproduction de l’espèce) dont la reproduction est menacée par la fragmentation du paysage et la sécheresse (fin du stade larvaire en juillet au moment de l’étiage minimum du Calavon).

    Pélobate cultripède (Photo © Alexandra Roux)

    Une action de marquage par puce de 500 individus pour le suivi de la population (ratio mâles/femelles, déplacements, etc.) a été entreprise. 

    Il est à noter également que le site de La Pérussière, opération de restauration du lit du cours d’eau, recréer le méandre pour en ralentir son débit, début des travaux 6 septembre 2021. Enfin un autre enjeu majeur sur ce site est bien évidemment la sécheresse qui sera certainement forte cet été 2021 étant donné la pluviométrie faible pendant l’hiver et le printemps 2020-2021 

    Massif du Luberon

    Le site Natura 2000 du Massif du Luberon contient en réalité deux zones de protection : La ZSC “Massif du Luberon” et la ZPS du “Massif du Petit-Luberon”. 

    Les ZPS Natura 2000 ont pour vocation la conservation des espèces d’oiseaux menacées, vulnérables ou rares. Celle du “Massif du Petit-Luberon” établie en 2003 recouvre une zone de 17 049 hectares répartis sur 25 communes. Avec 32 espèces d’oiseaux de valeur patrimoniale, elle est d’importance nationale et internationale. Elle représente un noyau source pour le Vautour percnoptère, rapace en danger d’extinction au niveau mondial et elle abrite aussi des couples d’Aigle de Bonelli qui sont en danger au niveau national. Ce site est d’une grande richesse mais très vulnérable (plus d’informations sur le site du PNRL). 

    La ZSC “Massif du Luberon“ comprend 17 habitats d’intérêt communautaire (dont 3 prioritaires) et de nombreuses espèces animales et végétales patrimoniales protégées (14 inscrites à l’annexe II et 28 s à l’annexe IV de la Directive européenne Habitats). 

    Le COPIL de ces deux sites s’est tenu le 9 avril 2021 (en visioconférence). Comme pour le “Calavon et l’Encrême”, la mission de gestion et d’animation a été de nouveau confiée au PNRL à l’unanimité pour 3 ans. La Présidence du COPIL a été confiée par les collectivités à Madame Amélie Jean (Maire de Puget). 

    ZPS Massif du Petit-Luberon

    Pour cette zone le bilan de l’animation en 2020 a été présenté par Julien Baudat-Franceschi du PNRL. Il est à noter que la période n’a pas donné lieu à un contrat Natura 2000 pour des raisons de mise à jour de la stratégie du Parc. L’action de gestion principale a été d’assurer l’entretien et l’approvisionnement des placettes de nourrissage qui a été compliquée par la crise sanitaire.  Le dossier d’un itinéraire cyclable (Véloroute) sur la route des crêtes du Petit-Luberon a aussi été évoqué. Ce projet qui nous inquiète particulièrement à Luberon Nature semble être en dormance.

    Vautour percnoptère (Photo © Alexandre Bisson)

    Le PNRL a fourni au Département porteur du projet des éléments techniques relatifs aux enjeux (oiseaux, flore, reptiles, etc.) ainsi que des propositions pour limiter le trafic sur la portion de Vidauque qui est la plus sensible pour le Vautour percnoptère. Ces éléments ne sont malheureusement pas rendus public. 

    Sur le front des bonnes nouvelles, la recolonisation de la ZPS par l’Aigle de Bonelli se confirme avec 3 couples nicheurs et 2 jeunes à l’envol en 2020. Cependant l’emblématique Vautour percnoptère souffre car sur les 5 couples nicheurs 2 ne se sont pas reproduit. Il semble que ces échecs soient liés aux dérangements post déconfinement de la fin du printemps 2020 et l’augmentation de la fréquentation du Petit-Luberon. 

    A noter aussi une étude sur les passereaux conduite par la LPO au printemps 2020 qui a mis en évidence la présence de 47 espèces avec une large domination des espèces forestières, mais malheureusement aussi la confirmation de la disparition de 3 espèces : le Bruant ortolan, le Traquet oreillard et la Fauvette à lunettes ainsi qu’une espèce en sursis : la Pipit rousseline. La cause principale semble être la fermeture des milieux.

    Pour 2021-2022 les objectifs annoncés comprennent pour le Vautour le renforcement du réseau de placettes de nourrissage et l’exploitation des résultats de l’étude sur les passereaux.

    ZSC Massif du Luberon

    Minioptère de Schreibers (Photo © Thomas Cuypers)

    Le bilan de l’animation 2020 a été présenté par Madame Sophie Bourlon (PNRL). L’accent a été mis sur certaines actions de sensibilisation et de communication, les actions concernant les aménagements en faveur des chauves-souris et les “mesures agri-environnementales climatiques” tel que l’amélioration ou le maintien des pratiques de gestion pastorale adaptées aux enjeux de biodiversité avec l’implication des associations pastorales et des éleveurs. plusieurs actions sur le Petit et le Grand Luberon tel que le retour du pâturage sur les forêts communales (Lauris, Bonnieux et Lacoste) ou des travaux de débroussaillement et d’élagage sur Buoux.

    Le suivi des populations de chiroptères est un des enjeux importants de cette ZSC. Le Minioptère de Schreibers, une des espèces de chauve-souris protégées, a fait l’objet d’une étude télémétrique pour l’amélioration des connaissances la concernant et cela principalement sur la colonie de Ménerbes.

  • Les différentes aires naturelles protégées en France

    Parcs nationaux, parcs naturels régionaux, réserves naturelles, sites classés, réserves biologiques, zones naturelles d’intérêt écologique, sites inscrits, réserves intégrales, réseau Natura 2000… les outils permettant d’aider à la conservation des aires naturelles sont nombreux en France. Imbriqués, superposés, aux dénominations parfois trompeuses, ces appellations ont pourtant toutes leurs spécificités. Essayons d’y voir plus clair au milieu de ces aires naturelles protégées PN, PNR, RNN, RNR, RBD, RBI…

    Zones protégées en France

    1. Les parcs nationaux (PN).                                                                                                                          

    Les parcs nationaux français voient le jour dans la première moitié du XXème siècle (le Parc des Cèdres en Algérie). Le terme Parc National apparaît en 1923. Il est alors question du parc national du Pelvoux. Il deviendra le parc national des Ecrins. Suivront la création en 1963 de la Vanoise, en 1967 des Pyrénées. Enfin en 1979, le parc du Mercantour ouvre à son tour. D’autres parcs sont créés notamment dans les territoires ultra-marins : les Calanques, Porto.                                                                                                                        

    Le cœur de parc et les aires d’adhésion.                                    

    Début 2000, une nouvelle loi modifie la gouvernance et l’organisation des parcs en instituant notamment des zones « cœur » et des « aires d’adhésion ». La protection de la nature étant plus forte dans le cœur du parc, zone inhabitée. Les parcs nationaux clarifient alors leurs missions. Développer la connaissance des « patrimoines culturels, naturels et paysagers ». Les conserver, les gérer et « si besoin » les restaurer. S’ajoutent des missions d’éducation, d’appui aux territoires…            

    2. Les parcs naturels régionaux (PNR)

    Ils sont constitués autour d’un espace culturel, naturel et/ou paysager de premier ordre. Leur objectif est de favoriser la protection de ce patrimoine tout en développant l’économie régionale. Contrairement aux parcs nationaux, dont les cœurs sont inhabités, les PNR couvrent des territoires peuplés. Leur logique est une tentative d’équation complexe entre préservation du patrimoine et développement économique.

    Les activités humaines n’y sont pas particulièrement réglementées, l’accès est libre et la chasse et la pêche sont autorisées… A l’inverse des parcs nationaux où les activités humaines sont soumises à un certain nombre de règles, tout comme l’accès. La chasse et la pêche sont interdites ou limitées dans les parcs nationaux. Enfin et surtout, la gestion des PNR est locale. Ce sont les collectivités qui composent le parc qui ont la main sur la prise de décision. S’agissant des PN, c’est un établissement public national qui est à la manœuvre.

    3. Les Réserves Naturelles (RN)

    Elles peuvent être nationales, régionales et de Corse ! Ces territoires cherchent à protéger un patrimoine naturel, qu’il soit biologique ou géologique. Ils peuvent aider à le restaurer et à le faire connaître. La France compte près de 350 réserves naturelles. Chacune met en œuvre une réglementation permettant d’atteindre son objectif de protection. L’Etat ou les régions président à leur création. Les collectivités locales sont généralement gestionnaires. Certaines réserves sont gérées par des parcs nationaux.

    4. Les Réserves Naturelles Nationales (RNN)

    Les Réserves Naturelles Nationales sont nombreuses en montagne. Parmi les plus importantes, citons notamment les Hauts Plateaux du Vercors, la Haute Chaîne du Jura ou encore le Massif du Pibeste-Aoulhet sur les hauteurs de Lourdes.

    5. D’autres outils de protection…

    Sites classés et Grands Sites de France

    Près de 2.700 sites sont classés, en lien avec l’intérêt général lié à leur conservation ou leur préservation. Certains, à la plus grande fréquentation et qui ont fait preuve d’une grande qualité de conservation, ont obtenu un label supplémentaire, celui de Grand Site de France. Une cinquantaine de sites sont concernés en France. Les Gorges du Verdon font actuellement la démarche pour un classement. 

    Les Réserves Biologiques de l’ONF

    Les Réserves Biologiques de l’Office National des Forêts protègent quelques 200 sites. Ces Réserves Biologiques peuvent être Dirigées ou Intégrales : RBD ou RBI ! On peut citer la Réserve Biologique Intégrale de la Montagne Pelée en Martinique ou la Réserve Biologique du Haut-Chéran dans le Parc Naturel Régional des Bauges. Ces RBI ne doivent pas être confondues avec la Réserve Intégrale que l’on trouve dans les Parcs Nationaux et qui proscrit complètement l’accès de l’homme. En France, c’est extrêmement rare. 

    L’inventaire ZNIEFF

    L’inventaire des Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique est un outil additionnel. Il répertorie à l’échelle nationale l’ensemble des zones « d’intérêt patrimonial pour les espèces vivantes et les habitats ». Les documents d’urbanisme doivent notamment prendre en compte le contenu de cet inventaire. 

    Le réseau Natura 2000

    Cette démarche, européenne, a répertorié près de 1.800 sites sur le territoire français. Soit près de 13% de la surface métropolitaine. Si les zones Natura 2000 n’empêchent pas l’activité économique, elles obligent les parties prenantes à une évaluation préalable. La gestion de ces sites peut être cofinancée par l’Union Européenne.

    6. Réserves de vie sauvage

    Une démarche récente associative qui consiste à rendre à la vie sauvage et sans intervention humaine un territoire naturel dont le foncier a été sanctuarisé. Information sur le site de l’ASPAS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages.

  • Comité de suivi des Carrières Etablissements Serre à Gordes

    Luberon Nature a assisté le 22 mars au Comité de suivi de la carrière des Établissements Serre à Gordes. Accueilli par Monsieur Roland SERRE, le Comité a réuni les Maires de Gordes et de St Pantaléon, Monsieur Vincent REY, représentant la DREAL, des représentants du PRNL, Monsieur Jean Paul BONNOT, représentant FNE 84, 4 riverains et A. MERA, représentant Luberon Nature.  Conformément aux termes de l’arrêté préfectoral, les Établissements Serre vont exploiter la carrière sur une durée de 20 ans plus 2.

    La visite des futurs carreaux a permis d’aborder les problématiques suivantes :

    Exploitation

    • Le démarrage de la carrière est prévu pour septembre prochain sur le carreau 1 (sur 4 au total).
    • Le décapage des carreaux se fera par bulldozer avec une griffe et en aucun cas au brise roche ce qui rassure les riverains.
    • Tous les engins seront équipés d’une alarme de recul dite « cri de lynx » comme c’est déjà le cas pour certains.
    • Une réserve d’eau de 120m3 sera installée le plus proche possible des 4 carreaux. Elle sera strictement réservée aux pompiers en cas d’incendie.
    • Des réserves d’eau de pluie seront créées : volumes et emplacements sont encore à déterminer.
    • Pour limiter la quantité d’eau nécessaire pour l’arrosage anti-poussière, il est prévu de déposer des débris de végétaux sur les chemins de circulation des engins dans la carrière. Les participants ont pu voir in situ une partie du chemin d’accès aux carreaux 2 et 3 recouverts de débris de végétaux.

     Taillerie

    • Les accès à la taillerie doivent être équipés de portes en métal en cours de confection comprenant une porte pour le passage des compagnons. Celle au nord est posée. Il reste à finaliser et poser les portes au sud et à l’est.
    • Les mesures sonores interviendront après le démarrage de l’exploitation du carreau 1 et la pose de toutes les portes. Elles seront effectuées par un spécialiste recommandé par FNE 84, en présence d’un huissier, d’un représentant des riverains et suivant un protocole validé par la DREAL.
    • Monsieur Valsemey (propriété la plus proche à l’est de la taillerie) réitère ses demandes et notamment :
      • Insonorisation de la taillerie
      • Déplacement de la machine à trier les pierres qui est située juste au-dessus de sa propriété.
  • Ça vaut le détour ! Luberon Nature sur les ondes de France Bleu Vaucluse

    Robert Bozza – Président de Luberon Nature – sera l’invité de Julien Trambouze demain 30 mars 2020 à 16:30 pour l’émission « Ça vaut le détour – L’invité qui vaut le détour » diffusée sur France Bleu Vaucluse.

  • Luberon Nature Info – Février 2021

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    Luberon Nature Info – Février 2021
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  • Brèves Nouvelles – N°136 – Décembre 2020